Clair de lune
January 13th, 2008 by Rocsana

La lune était sereine et jouait sur les flots. -
La fenêtre enfin libre est ouverte à la brise,
La sultane regarde, et la mer qui se brise,
Là-bas, d’un flot d’argent brode les noirs îlots.
De ses doigts en vibrant s’échappe la guitare.
Elle écoute… Un bruit sourd frappe les sourds échos.
Est-ce un lourd vaisseau turc qui vient des eaux de Cos,
Battant l’archipel grec de sa rame tartare ?
Sont-ce des cormorans qui plongent tour à tour,
Et coupent l’eau, qui roule en perles sur leur aile ?
Est-ce un djinn qui là-haut siffle d’une voix grêle,
Et jette dans la mer les créneaux de la tour ?
Qui trouble ainsi les flots près du sérail des femmes ? -
Ni le noir cormoran, sur la vague bercé,
Ni les pierres du mur, ni le bruit cadencé
Du lourd vaisseau, rampant sur l’onde avec des rames.
Ce sont des sacs pesants, d’où partent des sanglots.
On verrait, en sondant la mer qui les promène,
Se mouvoir dans leurs flancs comme une forme humaine… -
La lune était sereine et jouait sur les flots. (V.Hugo)
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January 13th, 2008 at 3:19 pm
TOUS LES MORTS SONT IVRES
Tous les morts sont ivres de pluie vieille et froide
Au cimetière étrange de Lofoten
L’horloge du dégel tictaque lointaine
Au coeur des cercueils pauvres de Lofoten
Et grâce aux trous creusés par le noir printemps
Les corbeaux sont gras de froide chair humaine
Et grâce au maigre vent à la voix d’enfant
Le sommeil est doux au morts de Lofoten
Je ne verrai très probablement jamais
Ni la mer ni les tombes de Lofoten
Et pourtant c’est en moi comme si j’aimais
Ce lointain coin de terre et toute sa peine
Vous disparus, vous suicidés, vous lointaines
Au cimetière étranger de Lofotene
- Le nom sonne à mon oreille étrange et doux.
Vraiment, dites-moi, dormez vous, dormez-vous ?
- Tu pourrais me conter des choses plus drôles
Beau claret dont ma coupe d’argent est pleine.
Des histoires plus charmantes et moins folles ;
Laisse-moi tranquille avec ton Lofoten.
Il fait bon. Dans le foyer doucement traine
La voix du plus mélancolique des mois.
- Ah! les morts, y compris ceux de Lofoten -
Les morts, les morts sont au fond moins morts que moi.
(Oscar Vladislas de Lubicz Milosz)
January 13th, 2008 at 3:25 pm
Da, prima zi de 13 din Anul Domnului 2008…
si pentru Rocsana, care isi regleaza uneori ritmul sanguin la asemenea lentori:
“Prenez garde, car vous avez la maladie
Dont je suis mort.”
January 14th, 2008 at 4:13 am
Fais-nous des durs et mords à mort !
January 15th, 2008 at 5:16 am
Respire mon odeur, ô coeur, je suis odorante et mourante, la mort des roses en est la cause.
Respire mon haleine, ô reine, je suis amoureux et peureux, j’ai peur de ton bonheur, ô fleur!
Écoute mes soupirs, ô sire, mes soupirs ont brisé la viole aux sept cordes, mais j’en ferai sept autres avec mes sept désirs.
Écoute mes paroles, ô folle, tes paroles ont brisé les cordes de mon coeur, mais j’en ferai sept autres avec tes sept soupirs.
Regarde dans ma joie, ô roi, les fleurs sont mortes, la viole est morte, tout meurt excepté toi.
Regarde dans mon ciel, ô belle, les sept couleurs sont mortes de joie, tout meurt excepté toi.
January 15th, 2008 at 3:30 pm
L’Amor et la Mort
Celle qui attend son jour à chaque carrefour : la Mort,
Celui que nous cherchons à chaque coin de notre vie : l’Amor.
Elle nous poursuit depuis le premier jour, la première seconde,
Une vie peut se passer, interminable, sans qu’Il ne réponde.
On le sait très tôt, la seule vérité ici bas, c’est qu’Elle viendra,
Alors on L’espère à chaque pas, pensant qu’avec Lui, on L’oubliera.
Chaque âge donne d’Elle une image, jeune sans doute terrifiante,
Plus tard sûrement désolante, plus tard encore peut-être apaisante.
On souhaite n’avoir de Lui qu’une facette, ne Le croiser qu’une fois,
Un peu comme Elle, on La rencontre et on La garde au fond de soi.
Lui pourtant si fragile, arrive parfois à La faire vaciller, pour un temps,
Pour un temps seulement, car Elle si puissante, peut attendre longtemps.
Si, au cours de votre vie vous Le voyez, faites tout pour L’accueillir,
Car, implacable, jalouse et sans remord Elle sera là pour Le détruire.
Alors, lorsque nous Le rencontrons, tentons de garder toute notre vie l’Amor,
Le dernier mot sera pour Celle qui triomphera de toute façon : la Mort.